Le diagnostic par empathie, la botte secrète des professeurs de chant

 

 

 

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© Jupiter

http://marie.hutois.over-blog.com/2017/10/.html?fbclid=IwAR1flURcoBAXOrK6YhgkPFsKwFirHL2CLVIM94jU72YeRDH_2wlwtLqsl-o

« Nul ne peut avoir de lien avec son prochain s’il ne l’a d’abord avec lui-même »

C. G. Jung, (1)

Jean Luc Delphin Duo 1 - Empathie - Mai 2013  http://nathaliebello-pastels.blogspot.be/
Jean Luc Delphin Duo 1 - Empathie - Mai 2013  http://nathaliebello-pastels.blogspot.be/

Jean Luc Delphin Duo 1 – Empathie – Mai 2013 http://nathaliebello-pastels.blogspot.be/

 

Qu’on la nomme Empathie, Einfühlung(2) ou Rasa(3),  c’est sur une approche esthétique de cet ordre que se fonde l’art traditionnel d’enseigner le chant lyrique.

Cette aptitude qu’ont les professeurs de chant à : « voir avec les oreilles ce qui de passe dans le corps de l’autre »(4) nécessite avant tout que le professeur ait fait un chemin initiatique vers son propre corps afin d’y construire  et d’y rencontrer son instrument vocal singulier; développant en cours de route, une somatognosie hors du commun ainsi qu’une oreille hors normes.

La confrontation avec soi-même, étape indispensable à la rencontre avec l’autre (5-1), donne accès à l’empathie. Cette capacité de vivre émotionnellement en écho avec l’autre est le sésame sensoriel qui permet de connaître où le bât blesse chez l’élève chanteur. Tout en restant amarré à sa propre expérience corporelle de référence, le professeur guide l’apprenti, vers le savoir faire et l’exploration de sa propre voix.
Les chanteurs qui mènent de front une double carrière, à la fois chanteurs lyriques et professeurs de chant savent qu’après avoir donné plusieurs heures de cours à des élèves débutants, la tension de leur appareil vocal est telle qu’il leur faut une longue séance d’échauffement avant de retrouver leurs repères sensoriels habituels et être à nouveau aptes à chanter librement.

Ils ne voient donc pas seulement avec les oreilles, ils ne se laissent donc pas seulement guider par la recherche d’ une émotion esthétique, ils vivent musculairement, en duo, dans une sorte de dialogue tonico-émotionnel initial (6), les balbutiements vocaux de leurs élèves. C’est le phénomène des  neurones miroirs (7-8) décrit par les neuro physiologistes. Il est la base même  de tout apprentissage moteur. Le professeur apprend donc de l’élève en l’incorporant sur le mode tonique afin de lui apprendre en retour. Il l’entend, le voit, le sent. Il pose  un diagnostic par empathie. Ce savoir faire, qui vu de l’extérieur peut paraître magique, lui donne la faculté de repérer instantanément à quel niveau de l’appareil vocal il  doit intervenir pour aider l’élève à donner au son les caractéristiques recherchées.

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